Projet

LE PROJET

On assiste aujourd’hui à une production agroalimentaire à grande échelle et à une utilisation massive des animaux d’élevage, notamment les vaches. C’est le domaine de l’agroalimentaire qui trouve dans la vache le moyen de produire des matériaux consommables à inclure dans notre alimentation. Les avancées scientifiques se concentrent principalement sur la production alimentaire et donc surtout sur la viande. Le reste du corps de l’animal (qui constitue les 59 autres % de la bête) est encore souvent délaissé au profit de la viande.

Parallèlement à cela, en avril 2013, on a dégusté le premier hamburger in vitro, conçu synthétiquement à partir de cellules de boeuf (142gr/250 000€) et développé dans un souci écologique puisqu’une seule vache pourrait finalement suffire à nourrir toute la planète en viande rouge. En prenant en compte cette avancée scientifique, j’émets l’hypothèse que cette viande pourrait potentiellement se développer et investir nos supermarchés d’ici 20 à 30 ans.
On pourrait peut être alors assister à une forte diminution de l’élevage industriel à grande échelle voire à sa totale disparition. Pour autant, il me semble que la vache ne disparaîtra pas de nos paysages et on peut donc penser qu’il y a aura 2 utilisations possibles de l’animal : d’une part, la vache sera utilisée pour prélever ses cellules et former une viande de synthèse, et, d’autre part, des élevages plus modestes seront mis en place pour encore satisfaire les mangeurs de «viande naturelle», préserver les différentes races bovines et conserver notre patrimoine agricole.

Cette hypothèse étant posée, j’ai développé un scénario des possibles utilisations de l’animal qu’est la vache. Je propose donc, si cette fiction était vouée à se produire, d’utiliser cet animal pour la potentialité de ses autres matériaux considérés comme déchets et délaissés par l’industrie. En effet, une vache pèse en moyenne 750kg (poids qui peut varier selon la race). La viande ne représente que 41% du poids total de la bête, soit 307,5kg. Les 442,5 kg de matières restantes, constituées des organes, os, graisse, peau et appareil digestif, ont été pour moi un moyen d’explorer de nouvelles possibilités matérielles. J’ai donc décidé d’amener ces matières hors du circuit agroalimentaire pour les emmener vers un circuit industriel où elles seraient utilisées pour leurs propriétés autres qu’alimentaires.

Auparavant, l’élevage et l’abattage traditionnels privilégiaient l’utilisation complète, à des fins culinaires, des morceaux issus de l’animal. Dans un souci de rentabilité maximale de la vache, qui permettrait de justifier son abattage, j’ai décidé d’explorer les qualités des diverses matières prélevées qui, depuis l’arrivée de l’industrie, sont encore considérées comme inutiles. Par le biais de ces diverses expérimentations, certains matériaux m’ont particulièrement intéressée. A défaut d’expérimenter le cuir, déjà très présent dans la conception d’objets, j’ai manipulé les os, que j’ai pu récupérer chez mon artisan boucher, les boyaux qui se trouvent en grande quantité dans le système digestif de la vache (40m. par animal) et qui offrent une grande résistance à la tension, le lait produit en grande quantité, etc.

Ces recherches m’ont permis de me concentrer sur les matériaux durables dans le temps et simples à trouver pour concevoir mes objets.

Today, we are witnessing a large-scale food production and a massive use of livestock, including cows. Food-processing industries find in cows possiblities to produce consumable materials to include in our diet. Scientific developments mainly focus on food production and therefore on meat. The rest of the animal’s body (which is 59% of the beast) is still often neglected in favor of red meat.

In April 2013, the first in vitro burger was tasted, a real scientific revolution synthetically designed from beef cells (142gr. for € 250,000) and developed in an ecological way as one single cow could ultimately be sufficient to feed the whole planet in red meat. Taking into account this scientific progress, I hypothesize this meat could potentially grow and invest our supermarkets in 20 to 30 years. Then, we could assist to a sharp decrease of industrial farming or even its total disappearance.

However, it seems cows will not disappear from our landscapes and we maybe can think there will be two possible uses of this animal : first of all, cow will be used to draw its cells and create synthesis meat, and, on the other hand, smaller farms will be established to still satisfy «natural meat» eaters, preserve the different breeds and keep our agricultural inheritance.

In this hypotethical way, I developed a scenario of cow uses. If this fiction was bound to happen, I suggest using this animal to the potential of its other materials, still considered as waste and abandoned by the industry. Indeed, a cow weighs on average 750kg (weight may vary depending on breed). Meat represents only 41% of the total weight of the beast (307,5kg). The remaining 442.5 kg of materials, which is organs, bones, fat, skin and digestive system, was a way for me to explore new material possibilities. I decided to bring these materials out of the food processing circuit to take them to an industrial circuit where they could be used for their properties other than food.

Previously, traditional breedings and slaughters prefered the complete use of animal pieces, especially for culinary purposes. In a way of maximum cow’s profitability, which would justify the slaughter, I decided to explore qualities of the various collected materials, which are considered as useless since the arrival of industry.

Through these experiments, some materials particularly interested me. Instead of using leather, already present in objects, I handled bones that I could recover from my butcher, guts that are present in large quantity in the digestive cow system (40 meters per animal) and offer a high resistance to tension, milk produced in large quantities, etc.

This research allowed me to focus on easy to find and sustainable materials for my objects